L’église en mission
(Par Damien Souza, pasteur à l’église de Tarbes et membre du comité du Pôle Mission CAEF.)
Très tôt dans ma vie chrétienne, Dieu m’a donné un zèle pour la mission. Ce qui a captivé mon cœur d’adolescent, ce sont les paroles de Jésus qui envoie ses disciples dans le monde pour porter le message du salut. Un message pour toutes les nations, un message qui va jusqu’aux extrémités de la terre.
Trente ans plus tard, ces paroles du Seigneur gardent tout leur impact. Aujourd’hui, j’ai la joie de participer à la mission de Dieu en tant que serviteur dans une église locale et ce qui m’anime, c’est le désir de voir l’église vivre en mission.
Vous me direz que ce n’est pas une idée très originale. Comme moi vous savez ce que Dieu dit dans sa Parole, vous avez certainement lu les livres, écouté les podcasts, assisté aux conférences. Vous connaissez le concept, vous maîtrisez le sujet, vous êtes convaincus de son importance.
Mais en pratique que faisons-nous ?
Concrètement, comment sommes-nous impliqués dans la mission de Dieu ? Ce sont les questions que j’ai pris l’habitude de me poser depuis quelques années, chaque automne, lorsque nous commençons à faire les bilans et que nous préparons les priorités de la nouvelle année.
Le but de ce questionnement n’est pas de nous culpabiliser. L’idée est plutôt de ne pas réduire la mission à un projet parmi tant d’autres auquel nous allons dédier une partie du budget, mais de laisser la mission de Dieu pour son église façonner nos priorités et nos projets.
Au lieu de décider quelle place nous allons donner à la mission, une meilleure question est « Quelle est notre place dans la mission que Dieu met en œuvre ? ». Ce n’est pas une question simple, c’est un vrai défi à relever.
Mais Dieu, par sa Parole, nous conduit et nous encourage. Je pense à un texte en particulier qui a renouvelé mes pensées récemment. Actes 1 :8 «Mais vous recevrez une puissance quand le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.»
Dans ce verset, Jésus donne à ses disciples une vision grandiose de la mission qu’il leur confie, et le reste du livre des Actes témoigne de la façon dont cette parole est devenue réalité. Les disciples de Christ, habités, conduits et équipés par l’Esprit, proclament le message de l’Évangile là où ils sont et au-delà des frontières.
Il y a quelque chose de profondément dynamique dans cette description de la mission. C’est un mouvement impulsé et conduit par l’Esprit, c’est un message qui se propage d’un horizon à l’autre porté par des témoins zélés. Ce mouvement continue aujourd’hui, il ne s’est jamais arrêté, et nous voulons y participer pleinement. Le message du salut doit continuer à retentir dans ce monde qui se perd et nous voulons le proclamer, le partager, le propager par tous les moyens.
Je sais que je n’ai pas besoin de vous convaincre de la réalité, de la nécessité ou de l’importance de la mission. La beauté du plan de Dieu et la grandeur de la mission nous émerveillent et nous motivent. Nos églises en sont d’ailleurs les fruits.
Il faut bien reconnaître qu’il y a des choses qui nous freinent dans la mise en pratique.
Nous pouvons être paralysés par la grandeur du besoin, nous ne savons pas par où commencer, par quel bout prendre la mission. Nous pouvons douter de notre impact, de l’utilité de nos actions et de nos soutiens. Nous pouvons aussi parfois nous éparpiller face à la difficulté de faire des choix entre des actions et des projets tout aussi légitimes les uns que les autres. Bref, nous avons besoin de repères.
Dans Actes 1:8 Jésus donne quatre lignes d’horizon à ses disciples, du local au lointain, comme une onde de choc qui se répand. C’est une image très parlante et qui peut nous être utile pour réfléchir en église à notre implication dans la mission.
- Les disciples ont d’abord été témoins à Jérusalem et de la même façon notre mission commence là où nous sommes implantés. Notre témoignage commence dans nos quartiers, nos villes et nos villages. Trop souvent nous forçons le trait en distinguant nos actions d’évangélisation d’un côté et notre engagement dans la mission de l’autre. En réalité, la façon dont nous incarnons et nous annonçons l’Évangile là où nous vivons, fait partie de la mission.
- Mais le témoignage ne doit pas s’arrêter là, il doit rayonner et retentir au-delà de nos quartiers et de nos villes. Le Seigneur donne différents horizons aux disciples pour leur donner un élan, il veut les mettre en mouvement. Mais il veut également étendre leurs regards, ils sont invités à regarder plus loin que leur contexte immédiat. De la même manière nous pouvons avoir un regard ouvert sur ce que Dieu fait dans nos régions, notre pays et au-delà des frontières. Ce mois-ci, lors de notre « point mission » mensuel à la fin du culte, nous avons pu nous réjouir de ce que Dieu fait à Bordeaux avec le projet d’implantation ECUB dont nous sommes partenaires. Mais cette année nous avons également eu la joie de voir l’impact de l’Évangile dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest en nous engageant aux côtés d’un partenaire local.
L’un n’exclut pas l’autre, le local et le régional n’excluent pas le lointain.
Actes 1:8 nous invite à ne pas cloisonner nos engagements, nos partenariats ou nos soutiens. En église nous pouvons choisir d’étendre notre regard sur l’ensemble du champ de mission de Dieu. Cela nous permet de voir et de prendre conscience du besoin spirituel de notre monde. Qu’il s’agisse de mon voisin ou de mon prochain au loin.
Notre rôle est alors de prier et d’être à l’écoute pour discerner comment nous pouvons concrètement prendre notre place dans le mouvement et porter le message, directement ou indirectement.
Nous pouvons nous informer, discerner dans la prière et la dernière étape c’est d’agir. Qu’allons-nous faire ? Quels projets voulons-nous faire naître ou faire vivre ? Quels partenariats voulons-nous développer ? Qui allons-nous envoyer ? Qui allons-nous soutenir ?
L’idée est simple, elle n’a rien de révolutionnaire, mais les principes de Actes 1:8 peuvent nous aider d’année en année à garder une vision équilibrée et un engagement concret dans la mission de Dieu.
L’Évangile est un message qui court, on ne peut pas le mettre en cage. C’est un message qui franchit les frontières, se propage d’un horizon à l’autre porté par l’église en mission. Peu importe la taille de notre assemblée, notre contexte ou nos ressources, nous sommes tous invités à participer au mouvement et à proclamer le message.
Que le Seigneur nous conduise et nous équipe par son Esprit et sa Parole pour vivre la mission en église.
Damien Souza